Dans la précédente version, déjà publiée, je pensais vous avoir dévoilé toute la malignité d'une commentatrice anonyme, qui avait truffé ce texte magnifique de remarques venimeuses...
Mais j'étais loin du compte (bien que tout près du conte...), et j'ai découvert récemment, tout au fond de mes archives poussiérieuses, une version ultérieure, bien plus riche : les commentaires et les réponses s'y enchevêtrent inextricablement; on voit que le pauvre auteur a tenté (vainement) de se défendre de ces critiques acerbes...
Si vous riez autant que moi à cette re-lecture, attention au hoquet, à la crampe diaphragmatique et au fou-rire incoercible !
CONTE INDONESIEN
LE ROI DES GRENOUILLES ET LE LAPIN BLANC
Ceci se passait il y a longtemps, bien longtemps, dans l'île de Java, loin, très loin d'ici, à l'autre bout du monde.
Le peuple des grenouilles vivait en paix, sous la protection de son roi, le puissant Ralaradjakor, (en consciencieuse utilisatrice de mon traitement de texte, j'ai voulu vérifier l'orthographe de cette prose délicate... je vous laisse imaginer les frémissements et divers soubressauts (j'ai moi-même un soubresaut en lisant une telle chose... !) dont fut agité Arthur, quand il en arriva au nom de ce vénéré monarque! Mon fidèle secrétaire semble en effet peu habitué aux noms des illustres habitants de ces lointaines contrées... vous voudrez bien excusez, s'il vous plaît, une quelconque erreur dans l'orthographe de Ralaradjakor (il ne s'agit pas d'orthographe mais de simple prononciation... tout le monde avait compris que c'était Ranaradjakor, nom d'une éthymologie limpide où l'auditeur le plus ignorant a reconnu les racines rana-, sans commentaire, ((Si, justement, quelques judicieux commentaires seraient les bienvennus ! Car c'est inutile de faire de l'épate en décomposant des noms imaginaires si vous êtes incapable de fournir des explications précises ! On ne m'a jamais enseigné les racines de l' indonésien (je ne fais donc même pas partie des auditeurs les plus ignorants !) mais par contre je sais accorder le pluriel des substantifs de cette langue exotique : il suffit de doubler le mot : une grenouille ; des grenouille-grenouille ! Et toc !)) et radja, du sanscrit "râja" qui signifie roi...), note également valable pour Mandjala et Javarani (pas du tout : il est clair que ce nom est composé de java - comme l'île de - et de rani, qui combine subtilement la racine rana et le suffixe -rani... voir "maharani"). Avec mes remerciements pour votre indulgence et votre compréhension...) (mais elles vous sont tout acquises !) que sa sagesse et sa réputation de sorcier faisaient craindre et respecter à des lieues à la ronde.
En ce temps-là, les lapins de l'île de Java n'étaient pas, comme nous les connaissons aujourd'hui, tout blancs (et les lapins gris, alors ? et les noirs, les beiges, les marron (NB : si l'on n'accorde pas marron, il faut alors écrire noir, et beige !) ((Je voudrais bien savoir pourquoi! Noirs et beiges subissent l'accord en genre et en nombre, alors que marron, nom employé adjectivement, reste invariable: mais vous savez tout cela par coeur, voyons ! S'il s'agissait de lapins de plusieurs couleurs, j'aurais effectivement écrit "des lapins noir et beige". Mais j'ai inclus cette espèce dans l'adjectif "bicolores". Il s'agit donc bien de lapins noirs, beiges ou marron...)) les bicolores, tricolores, tachetés et j'en passe ? C'est de la dicrimination, du racisme cuniculin ! (l'adjectif est joli... si si !)) Je vais vous dénoncer à Harlem Désir et à Brigitte Bardot réunis! A moins que vous ignoriez, jusqu'à ce jour, qu'il existe des lapins d'une autre couleur...) [ quelle présomption dans la critique... ignoreriez-vous qu'à Java, tous les lapins étaient blancs... ? ((Oui, je l'ignorais, et comme je n'ai pas eu le temps d'appeller le service de zoologie de l'ambassade d'Indonésie pour me faire confirmer la chose, je dois faire semblant de vous croire...)) d'ailleurs, il existe bien des contrées où les hommes sont tout noirs, ((Sur ce sujet brûlant d'actualité, il me semble que couleurs et contrées commencent à être sérieusement mêlées...)) pourquoi pas d'autres où les lapins sont tout blancs ?] avec de longues oreilles: ils avaient le pelage vert, vert comme l'herbe tendre, vert comme l'eau des mares assoupies (image particulièrement bien choisie) (merci), et de toutes petites, toutes petites oreilles (il vaudrait mieux dire: et de petites, toutes petites oreilles) [bon, je vous l'accorde...], pas plus grandes que l'ongle d'un enfant nouveau-né. (J'aime les comparaisons fortes, parlantes et émouvantes comme celle-ci... Qui d'entre nous, en effet, ne s'est jamais émerveillé devant la petitesse, et cependant la perfection, des ongles d'un petit, tout petit bébé ? A cette seule évocation, mes entrailles de mère frémissent... Je me permets simplement une petite, toute petite objection sur la proportion de la comparaison choisie. L'ongle d'un enfant nouveau-né, c'est grosso modo la taille de l'oreille d'une chauve-souris. (je ferai respectueusement remarquer que vous n'avez pas dû voir souvent de chauves-souris, {Détrompez-vous ! Nous avons régulièrement la visite d'une de ces charmantes petites bêtes, qui pénètrent dans la chambre des garçons par on ne sait trop où... Alexis les appellent des mouettes, Antoine les repoussent dehors, et sans doute ne sont elles ni roussettes, ni vampires, car moi, j'ai très bien observé leurs oreilles minuscules !} qui sont précisément dotées de grandes oreilles... pour des raisons physiologiques que vous ne pouvez ignorer... En outre, il faudrait savoir de quelles chauves-souris il est question… les vampires ou les roussettes ont vraiment de grandes oreilles!!) Posée sur la tête d'un lapin, même s'il n'est pas obèse, (quand on est obèse, c'est rarement de la tête... alors, pour les oreilles, cela ne change pas grand chose...) ça risque de faire vraiment petit, voire invisible, voire ridicule.) (peut-être, mais les oreilles de grenouilles, alors, qu'en dites-vous ? si un lapin veut se faire passer pour une grenouille, il n'a pas intérêt à arborer de grandes feuilles de choux... !) Et les petits lapins verts de Java aimaient à gambader au clair de lune, (et d'une) joyeux et insouciants sous la lune (et de deux) blanche et ronde de Java.
Or, une nuit, Mandjala, le rusé petit lapin, entendit sous la lune (et de trois...) [mais c'est voulu, voyons!...que faites-vous de l'effet incantatoire du récit..?] ((c'est trop facile! Quand c'est chez vous, vous appellez ce style particulier un "effet incantatoire"; quand c'est chez les autres, vous nommez tout bêtement ça une répétition, (pas du tout, pas du tout! l'effet incantatoire provient d'un usage judicieux et habile des répétitions, qui se parent alors d'un charme nouveau !) (et d'ailleurs, à quels "autres" faites-vous allusion ? y aurait-il là - bien dissimulé - un soupçon de paranoia ?) et vous vous empressez de chercher une nouvelle tournure, qui, soit dit en passant, ne respecte pas forcément la pensée initiale de l'auteur! )) (mais enfin, vous parlez par énigmes ! de quel auteur s'agit-il ? ne ferait-il qu'un avec l'auteur de ces critiques insanes ?) un chant qui l'émerveilla. Charmé par cette mélodie, il s'approcha et vit dans les roseaux une jeune grenouille, la plus gracieuse qui se puisse voir, qui lançait vers le ciel ses notes cristallines : il en tomba aussitôt amoureux. (Amoureux de la grenouille ou des notes cristallines ? [seule une lectrice de la plus mauvaise foi peut poser une pareille question ! le contexte est suffisamment clair pour qu'il n'y ait aucune ambiguité !] ((Evidemment ! Mais cela me faisait trop plaisir de vous faire un peu enrager !!! Mais dites-moi, il me semble que vous devenez très vite très susceptible quand il s'agit de vos oeuvres littéraires...)) (absolument pas ! seul le souci - bien légitime - de la logique et de la clarté du texte que nous étudions me fait rejeter ces insinuations malveillantes !) Après tout, peu importe. Ce qui me préoccupe surtout, ce sont ces fameuses "notes cristallines", ainsi que cette "voix si pure" ! Peut-être n'avez-vous jamais rencontré de lapins gris ou beiges, mais sans doute n'avez-vous jamais entendu chanter une grenouille ! [mais si, mais si !] Le coassement n'a jamais eu la réputation d'être particulièrement mélodieux, au contraire ! Mais peut-être êtes-vous de ces gens bizarres -dont je fais également partie [nous sommes donc deux, et chacun en excellente compagnie…]- pour qui le chant des batraciens évoquent des souvenirs précis ("Allongez-vous sur ce divan, madame, et racontez-moi tout...") [de fait, ma curiosité est piquée au vif… quelle anecdote croustillante allez-vous me narrer... ? ((Ça n'a rien de croustillant, je vous préviens tout de suite ! Alors autant que je me taise, vous seriez déçu...)) (laissez moi juge de la croustillance de la chose... allez, déboutonnez-vous, que nous croustillions de concert) n'oubliez surtout pas de m'en faire part lors de votre prochaine séance de psychanalyse] et qui l'apprécient donc pour une raison autre que musicale. Et puisque j'en suis au chapitre de la musique, je vous fais remarquer que ce n'est pas la peine, Monsieur, de chipoter sur le moindre hiatus quand vous taquinez la Muse (allusion à double sens!) (peut-être les Muses aiment-elles être taquinées...) si c'est pour ne s'en point soucier quand il s'agit de prose ! J'ai réécouté trois fois la cassette: vous prononcez: "Il en tomba-t-aussitôt amoureux." !) [quelle mauvaise foi !! mais c'est tout le contraire d'un hiatus, puisque le "t" supplémentaire préserve l'euphonie ... ne dit-on pas : "comment va-t-il ?"... "aime-t-il la crême ((J'ai un soubresaut ! léger, mais réel!)) (pourquoi diable ? je ne vois rien là de soubresautant) de pruneaux ?" ((Merci de rappeler insidieusement mes petits soucis intimes... Est-ce-que je me permets des allusions voilées sur la taille ou la résistance de certaine vessie ?)) (j'espère bien que non... ce serait du dernier mauvais goût !) il s'agit donc d'une licence grammaticale nécessitée par l'harmonie du langage... je suis outré !] ((Il n'y a pas de quoi ! Je maintiens néanmoins qu'il eut été préférable de choisir une autre tournure de phrase, ce qui aurait évité ce "t" supplémentaire; en outre, cela vous aurait simplifié la tâche et délivré d'une hésitation de prononciation, puisque ce passage, je me permets de vous le rappeller, (ici, en revanche, vous pourriez soubresauter... à moins que vous ne considériez que, par une éthymologie nouvelle, ce verbe ne dérive du mot pelle...) a été lu 2 fois: première version: vous ne rajoutez pas de t, deuxième version : vous préservez l'euphonie en prononçant un "t" supplémentaire! )) (c'est le propre des grands écrivains que d'essayer plusieurs versions de leur oeuvre, en les soumettant au "gueuloir"… il ne manque pas de précédents !)
Il l'aborda de son air le plus doux :
- « Bonjour, ô jeune Beauté à la voix si pure ! Ne t'effraie point. Je n'ai jamais eu le plaisir de te voir en ces lieux. Qui donc es-tu ? »
- « Je suis Javarani, fille du roi des grenouilles, et je salue par mon chant la déesse de la nuit, la Lune aux blancs rayons. » (Pour une jeune Beauté à la voix si pure, vous auriez pu prendre un ton plus léger, plus guilleret, bref ! moins solennel et empesé [solennel, oui, empesé, pas du tout... ((Si, si, empesé, c'est le mot qui convient)) ce ton convient parfaitement à la majesté du sujet... et d'ailleurs chacun sait qu'on ne peut s'adresser autrement à une Dame de haute lignée, telle une Comtesse de la Bussière et autres lieux...] ((Vous voudrez bien, s'il vous plaît, me préciser le rapport qu'il existe entre cette réflexion et le texte initial :(cette réflexion ne se rapporte pas au texte initial, mais à votre commentaire plein de venin...) il s'agissait d'une grenouille-cantatrice répondant à un lapin enjôleur, et non d'un quidam s'adressant à une Dame de haute lignée... (vous savez ce qu'il vous dit, le quidam ?) Le ton de la grenouille ne doit s'aligner que sur le langage des batraciens...)) (si je comprends bien, j'aurais dû écrire "coâ coâ"...un peu limité, quand même... un bon auteur doit savoir sublimer la pensée de ses personnages !) même s'il s'agit de la fille d'un roi) Et toi, qui es-tu donc, étrange animal au pelage vert, vert comme la peau de ceux de mon peuple, vert comme l'eau des mares assoupies ? (L'image n'a rien perdu de son charme par rapport à la première évocation, mais comme vous n'avez pas repris la première comparaison (l'herbe tendre), il me semble préférable de changer également la seconde. {mais non ! il fallait absolument garder le second membre de la phrase, qui se termine ainsi dans un soupir étouffé, en modifiant le début pour évoquer la couleur du peuple grenouille... vous n'avez manifestement pas saisi toute la subtilité de ce mécanisme littéraire, associant nouvelles idées et mode itératif...] ((Je reconnais de bonne foi (non ? ne me dites pas que vous connaissez ?) que cela m'échappe quelque peu...)) Je m'explique [ne prenez pas cette peine, le premier imbécile venu aurait parfaitement compris, vos explications sont redondantes..!] ((Excusez-moi : j'ignorais que vous vous assimiliez au premier imbécile venu !)) (je l'ignorais moi aussi, mais c'est l'impression d'assimilation que vous paraissez donner...) : soit il fallait répéter intégralement "vert comme l'herbe tendre, vert comme l'eau des mares assoupies", soit il fallait changer les deux comparaisons : "vert comme la peau de ceux de mon peuple, vert comme la robe du lézard qui sommeille entre les roches..." [comme c'est élégant... on croit rêver...] ((Parce que vous croyez que vous n'employez jamais d'expressions cucul la praline ?)) (cette répartie est bien facile...et ne constitue qu'une bien faible défense... citez-moi donc quelque expression cucul la praline - pour reprendre votre vocabulaire imagé - que j'aurais employée... ??) Si vous préférez la feuille de canne à sucre (la feuille de bambou est toute semblable... pourquoi introduire cette allusion glucidique.. ? vous seriez capable de parler de betterave à sucre dans un poême de Verlaine!) ou les yeux du tigre de la jungle, je n'y voit {oh !!! j'ai un nouveau soubresaut !] ((simple étourderie bien pardonnable !)) (indulgence curieusement orientée... que n'en usez-vous pour les autres, au lieu de les accabler d'acerbes critiques) pas d'inconvénient majeur...) [je n'ai pas souvenance de la dernière fois où j'ai regardé dans les yeux un tigre de la jungle... mais soyez sûre qu'à la première occasion, je ne manquerai pas de scruter les nuances de son iris !]
- « Moi, mentit le rusé lapin, je suis Mandjala, une grenouille tout comme toi, mais je viens d'un lointain pays où les grenouilles ont le corps revêtu d'une douce fourrure et gambadent dans les clairières. Vois d'ailleurs, je peux faire des bonds tout comme toi ! »
Et pour prouver ses dires, il se mit à faire mille bonds autour d'elle.
Etonnée par ses propos, et trompée par les apparences, la naïve princesse se sentit prise d'une vive sympathie pour le bel inconnu.(Toutes les mêmes...) [tout à fait !]
- « Viens avec moi, reprit le rusé lapin, je t'emmenerai dans des pays enchantés que tu ne connais pas, je te montrerai les merveilles du monde ! Cette mare n'est pas digne de toi, n'y perds pas ta jeunesse... » (Lapins indonésiens et séducteurs européens ont étrangement le même langage!) [de toute évidence... car c'est un langage éternel, adapté à l'éternel féminin... il n'y a rien de nouveau sous le soleil (Salomon)]
Séduite par ces paroles enjôleuses, et poussée par une irrésistible curiosité, (Je reconnais bien là votre acuité à percevoir non seulement le caractère mais aussi les défauts attribués essentiellement aux représentantes du beau (quelle suffisance dans le qualificatif !!) sexe ! là encore, de la grenouille javanaise à la citoyenne du 20ème siècle, les différences ne s'imposent pas !) (de fait, de fait, il y a là un archétype... je suis heureux que vous saisissiez avec tant de finesse le caractère universel de ce conte... qui recèle une grande sagesse sous des apparences naïves) Javarani n'hésita qu'un instant à le suivre, et bientôt tous deux s'éloignèrent par le sentier en bondissant de concert.
Mais leur fuite ne fut pas sans témoin, (pas terrible, comme phrase d'introduction) [vous trouvez ? quant à moi, elle me plaît bien...] car là-haut, noir sur le ciel noir, ("Noir c'est noir ! [oh, le sarcasme est facile... cette image n'est pourtant pas dénuée d'un certain charme... si si !] Il n'y a plus d'espoir..." J'adore les chansons de Johnny Hallydays [je m'en doutais bien !] {par ailleurs, on écrit Halliday : pour une "fan" c'est piteux de ne pas savoir écrire le nom de son idole !] ((Alors là, vous m'épatâtes!!)) (mais que croyez-vous donc ? on peut lire Théodore de Banville et se tenir au courant des derniers gargouillis de l'actualité chansonnière !) : c'est profond et inspiré !) planait immobile l'Oiseau de la nuit, l'Oiseau au regard perçant, celui qui voit tout, celui dont personne ne sait le nom. (Ce paragraphe est nécessaire, il fallait effectivement faire mention de la présence du volatile [dites la volaille, tout de suite !] ((De fait, j'ai hésité entre les 2 substantifs ! Preuve si besoin est que les grands esprits se rencontrent !!!)) (je suis saisi d'un grand découragement!... je vous évoque les enchantements palustres de lointains pays pleins de magie et de rêve, et vous vous enlisez dans la fiente de poule !), mais cette évocation, malgré moult adjectifs, participes et subordonées [oh! un soubresaut derechef !] relatives, manque un peu de consistance, et semble même bancale au fil du texte. J'ai pris la liberté de mettre une majuscule à Oiseau [ce n'est pas une liberté, le sens du texte l'imposait], d'une part pour donner un peu de corps à la bête, (nous n'en sommes pas encore au gavage de l'oie...) et d'autre part pour accentuer l'effet de mystère qui plane autour de lui. Bref ! comme l'ensemble de la phrase ne m'emballe pas, (évidemment, ça ne m'étonne guère, vous êtes si difficile !) je vous propose donc : "Jeunes écervelés,(vous croyez que parler de cervelle améliore la note poétique de ce conte.. ? pourquoi ne pas, puisque vous êtes dans les abats, parler de rognons sauce madère, de foie de génisse ou de tripes à la mode de Caen !! et je vous épargne les pieds de porc farcis ou la tête de veau à la vinaigrette !) ils croyaient s'échapper à l'abri de tout regard [et ça, ce n'est pas lourd, peut-être ?] ((Je n'ai pas dit que votre phrase était lourde ! Je la trouvais plutôt maladroite...)) (on n'est pas plus aimable), mais l'Oiseau fut témoin de leur fuite. En effet [un peu laborieux, non?], noir sur le ciel noir, planait immobile l'Oiseau de la nuit, celui dont l'oeil perçant voit tout, mais [pourquoi ce "mais"? y-a-t-il une opposition?] dont personne ne connaît [parce que connaître vous semble plus harmonieux que savoir...? et le sens n'est pas tout à fait le même] le nom.") ((Vos remarques sont justifiées, pour une fois, ma version n'est pas forcément meilleure que la vôtre.(j'en étouffe de surprise incrédule... cette soudaine humilité dans l'aveu... voilà qui ne laisse pas d'être suspect... attendons la suite) Mais je maintiens que ce paragraphe ne peut demeurer en l'état : il est à refaire. Réfléchissez-y d'ici la prochaine mouture de ce texte incomparable...)) (en fin un adjectif aimable !)
Le lendemain, dès que les rayons du soleil naissant vinrent caresser les eaux, ((cf note page 4 au sujet de l'élégance des expressions littéraires.)) (comment voulez-vous que je retrouve la page 4 dans ce tohu-bohu.... une vache n'y retrouverait point son veau !!!) il y eut grande effervescence dans tout le marécage : la princesse Javarani, fille bien-aimée du puissant roi des grenouilles, avait disparu.
L'alarme fut donnée, et le roi Ralaradjakor, juché sur le rocher du conseil, rassembla son peuple autour de lui :
- « Courrez, fidèles sujets, cherchez, cherchez partout ! s'écria-t-il dans une grande fureur. Fouillez, fouillez toutes les mares, les étangs, les rivières, cherchez dans les roseaux, cherchez dans les bambous, ne prenez de repos que vous n'ayiez retrouvé ma fille bien-aimée. Allez tous ! » (Très très bien ! Si, si, sincèrement [faut-il le croire?], ce paragraphe est sûrement le meilleur de tout le conte, je n'y trouve rien à redire [alors, là, j'en reste sans voix !]. De prime abord, j'avais pensé remplacer le 3ème et le 4ème "cherchez" (et oui, (je vous signale que l'on dit "eh oui!", l'emploi de la conjonction "et" en lieu et place de l'interjection "eh" est la marque d'une ignorance choquante...) il revient 4 fois en 4 lignes et demie) (quel esprit de ratiocination... aller jusqu'à compter les demi-lignes!) par un autre verbe. Mais je me suis ravisée: l'ensemble ne souffre pas de la répétition, au contraire, cela accentue le rythme et l'accent pressant de la demande du roi. Je note par ailleurs que dans le rôle du père angoissé, vous êtes très bien [comment faut-il prendre ce "compliment" ?] : la phrase est très bien lue, le ton excellent ! Si, si, vraiment...)
Et tout le jour passa en de vaines recherches : de princesse, point !
Quand vint le soir, le roi vit revenir tous ses sujets porteurs de la triste nouvelle. Accablé de tristesse, (de douleur, peut-être ? La nouvelle était déja triste) [soit! pour une fois, je vous l'accorde, il y a là une maladresse. Douleur convient nettement mieux. Voyez ma saine franchise à reconnaître mes erreurs sans barguigner !] (vous auriez pu mettre une note - discrète mais sincère ! - sur l'élégance de mon attitude) il adressa une prière à la Lune montante :
- « Aide-moi, ô Déesse de la nuit, et mon peuple à jamais t'honorera de ses chants tous les soirs de clair de lune. » (Je ne voudrais pas avoir l'air désagréable, mais quand le lapin a été attiré par la grenouille, elle était déja entrain [moi, j'écris "en train" en deux mots... pas vous ? peut-être n'avez-vous pas clairement saisi la différence entre train et entrain... sachez, par exemple, qu'une vache pourrait être surprise en train de regarder passer les trains avec entrain... en composant un quatrain sur un lutrin... mais je m'égare... ] de chanter...) (( Vous êtes trop content de vous acharner sur une pauvre maladresse tout aussi pardonnable que ma précédante (heureusement que la consciencieuse utilisatrice du traitement de texte a pris soin de vérifier l'orthographe de ma prose délicate... elle eut mieux fait de vérifier la sienne !) étourderie, mais vous vous gardez bien de réfléchir à cet élément essentiel du récit : les grenouilles chantaient-elles oui ou non au clair de lune avant l'enlèvement de Javarani ? )) (pourquoi eussiez-vous voulu qu'elles chantassent - auparavant - spécialement au clair de lune ? cet évènement-clé explique que maintenant les grenouilles - tout au moins à java - chantent beaucoup plus fort et comme d'un seul choeur, mystérieusement, les soirs de pleine lune. De nombreuses publications scientifiques - et des plus sérieuses - en font foi.)
C'est alors, comme en réponse à sa prière, qu'une ombre noire, noire comme la nuit, ("Noir c'est noir...") [je vois que le Johnny susnommé vous fascine... ! faites-moi penser, pour votre prochain anniversaire, à vous en offrir quelques chansonnettes !] [de plus, je goûte cet humour léger, qui effleure le sujet comme une aile de papillon frôlant la corolle d'une fleur...] vint s'abattre sur le rocher du conseil:
- « Ne te désespère plus, ô roi, dit une voix ténébreuse, je suis l'Oiseau de la nuit, celui dont personne ne sait le nom, celui qui voit tout ! Je suis l'ombre qui voit dans l'ombre, et tu n'auras pas invoqué en vain la déesse de la nuit, la Lune aux blancs rayons. »
- « Je t'écoute, Oiseau de la nuit », s'écria le roi d'une voix frémissante.
- « Ta fille n'est pas perdue, elle a été enlevée par un vil étranger, par un fourbe qui l'a trompée en se faisant passer pour l'un des tiens. »
Dès qu'il eut révélé le lieu où était retenue prisonnière la trop naïve princesse, (Ah bon ? Parce qu'elle est prisonnière ? Moi qui croyait qu'elle vivait une idylle torride sous les cocotiers de l'océan indien... Si la promesse d'un pays enchanté s'est transformée en un bagne sordide, il serait bon de le préciser, après "bondissant de concert." par un petit paragraphe du genre: "Mais la pauvre Javarani déchanta rapidement, et sa voix si pure se brisa définitivement lorsqu'elle prit conscience du piège dans lequel elle était tombée. [mais c'est le lot de toutes les grenouilles subornées par les lapins verts !] ((Permettez que j'insiste dans mon sens ! Ce n'est nullement ce que l'on ressent à la première lecture du conte ! Sauf peut-être pour les lecteurs initiés aux moeurs des lapins et des grenouilles, et aux coutumes javanaises)) Le lapin vert, en effet, ne lui avait fait miroiter les merveilles du monde que pour l'attirer au fond du terrier le plus lugubre qui soit ! Là, non seulement il lui intima l'ordre de faire la vaisselle et de raccommoder ses oripeaux, mais encore il lui interdit de poursuivre ses vocalises, lui imposant même, ultime outrage, d'écouter les chansons de Vanessa Paradis (nous voilà bien ! après le jauni-à-l'idée, voici la minette au nom de papillon... quel reflet de votre culture musicale !) pendant qu'elle frottait les assiettes ! La pauvre grenouille pleurait à chaudes larmes, regrettant amèrement sa mare et ses roseaux ! Mais il était trop tard : le paradis se résumait à une chanteuse de troisième catégorie, dont la voix fluette n'avait rien de comparable avec l'admirable coassement de la grenouille...) ((Sincèrement je suis vexée et déçue que ce morceau d'anthologie n'ait pas plus retenu votre attention.)) (mais si, je suis friand de votre prose si émouvante, seule l'abondance de la matière m'a empêché de la ponctuer de quelques remarques bienveillantes...) le messager de la lune s'éleva dans les airs et se fondit dans les ténèbres comme une ombre dans l'ombre. (Je note en 18 lignes (les vôtres, sans compter les miennes !) 5 fois le mot "nuit", 4 fois "lune", 5 "ombre", 2 "ténèbres" : ceux qui n'auront pas compris que l'action ne se déroule pas en plein jour ont drôlement interêt à se faire réviser les méninges !)
Fou de rage contre le coupable, mais vibrant de l'espoir de retrouver sa fille, le roi lança à la poursuite du criminel (Le mot n'est-il pas un peu fort ?) (mais non mais non, le rapt des vierges est un grand crime... !!) ses gardes, qui l'eurent bientôt ramené chargé de lourdes chaînes.
La jeune Javarani, enfin délivrée, (Faut pas exagérer: si je compte bien, elle est restée prisonnière une demi-nuit et une journée...) qui s'était rendue compte trop tard de son imprudence, se jeta dans les bras de son père, regrettant sa folle aventure et implorant son pardon.
- « A mort ! A mort ! Qu'il soit noyé ! » coassait en choeur le peuple des grenouilles, indigné de la fourberie du lapin.
- « Pitié ! Pitié ! » se lamentait le malheureux Mandjala.
- « Patience, mon peuple, dit le roi qui était juste. Ce criminel doit être puni, mais selon nos coutumes, il doit être jugé. »
Alors le roi Ralaradjakor revêtit ses habits d'apparat aux couleurs éclatantes et tissés de fils d'or. Il coiffa sa tiare aux sept diadèmes (C'est pas un peu lourd ?) et prit son sceptre de pourpre et d'or en forme de feuille de nénuphar (Faudra me montrer [bien sûr, je vous montrerai sans faute!] ((Je n'ai toujours rien vu !)), le sceptre en forme de nénuphar, car connaissant la longueur d'une tige et le format d'une feuille de nénuphar d'une part, et la taille d'une grenouille d'autre part -évidemment, celle-ci est royale, et javanaise de surcroît, ce qui explique peut-être bien des choses...- j'ai du mal à imaginer le tableau; sans oublier la tiare...). (Ainsi paré, ) il monta sur le rocher du conseil et rendit sa sentence :
- « Lapin, ton crime est grand, si grand qu'il ne mérite qu'un seul châtiment: la mort ! (Hé ben ! S'il fallait zigouiller tous les beaux parleurs qui emmènent un soir de bal ou de concert -et sans demander la permission des parents, bien sûr, c'est trop ringard ! - une jolie nana derrière leur mobylette pour finir la nuit à deux plutôt qu'en solitaire, on serait certain de faire rapidement baisser la courbe du chômage [voulez-vous insinuer que la plupart des beaux parleurs sont des chômeurs ?] : d'une part les demandeurs d'emploi deviendraient vite nettement moins nombreux, d'autre part il faudrait embaucher un sacré grand nombre de bourreaux !!!) Cependant, ta conduite, aussi indigne soit-elle, a pour excuse ton admiration pour la beauté de ma fille bien-aimée . (Enfin un peu de romantisme ! ) Heureusement pour toi, elle m'est revenue saine et sauve, et a imploré ta grâce. (Elle a diablement aimé ça, avouez-le tout de suite ! ) [je n'avoue rien, mais si votre parfaite connaissance de la nature féminine vous le fait affirmer, je ne peux que m'incliner...] Aussi ta vie sera-t-elle épargnée. Mais il importe qu'une telle chose ne puisse jamais se reproduire, et qu'aucune grenouille ne puisse plus te prendre pour l'un d'entre nous. C'est sous la lune que tu commis ton crime, que ce soit par la lune que tu sois châtié. Telle sera donc ta punition : que les blancs rayons de la lune blanchissent ton pelage, (heureusement, Ariel lave plus blanc que blanc ! ) [allusion ménagère et prosaïque du plus déplorable effet !] ((Je vous l'accorde: j'ai dû avoir une légère hypoglycémie sur cette fin de paragraphe !)) que tes petites oreilles s'allongent, s'allongent pour devenir longues et pointues, et tu resteras ainsi marqué pour toujours. » (dans les siècles des siècles, amen !) [il faudrait espacer les réunions synodales, cela pourrait perturber certains cerveaux fragiles...]
Sur ces mots, le roi toucha le lapin de son sceptre. Aussitôt, son pelage devint blanc comme un rayon de lune, et ses oreilles s'allongèrent, s'allongèrent pour devenir longues et pointues. ((Vous êtes vraiment très attaché à l'effet incantatoire du récit...))
Le lapin, libéré mais honteux de sa nouvelle apparence, ((Pourquoi ? Ce n'était pas pire que l'eau des mares assoupies et les ongles de nouveau-né sur la tête ! )) s'enfuit au fond des bois, tandis que le peuple des grenouilles entonnait un chant de louanges à la Lune, déesse de la nuit.
Depuis ce temps-là, tous les lapins, dans l'île de Java, naissent avec le poil blanc et les oreilles longues et pointues. (Et moi je peux vous dire en confidence qu'en Europe, et plus précisement en France, voire même (la redondance "voire même" appartient-elle au langage soutenu ?) en Normandie, les lapins ont également de longues oreilles ! ) [sans doute, sans doute, mais à Java, c'était nouveau... et cette histoire - dont l'authenticité ne saurait être sujette à caution - est d'autant plus navrante qu'elle nous apprend comment a disparu la seule espèce de lapins verts à petites, toutes petites oreilles, espèce autrefois endémique dans l'Ile de Java...!] [pour de plus amples informations, lire sur ce sujet brûlant les travaux remarquables - bien que peu connus - de Monsieur de Buffon intitulés "De viridibus auricillis Bataviae cuniculis".]
FIN