Le dit de Juliette
Donne-moi ta main, donne-moi ton cœur,
Notre amitié bientôt ne sera plus qu’une ombre,
Le ciel est gris, le jour est sombre,
Et j’ai peur.
Nous avons partagé chaque petit bonheur,
Egrenés un à un, je n’en sais plus le nombre,
Mais dans cet abîme où je sombre
J’en goûte encore la saveur.
Je n’ai plus devant moi qu’une morne routine,
Mon jardin piétiné, ses fleurs qu’on assassine
Et sa porte ouverte à tout vent.
Ecrasée entre l’arbre et l’écorce,
Vais-je vivre, sans toi, seule dorénavant ?
Ô mon Dieu, donne-moi la force…