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Au fil du temps

 

 

 

A toi, Pernette, la petite archiviste, qui a découvert avec émerveillement les archives familiales, vieux papiers jaunis et parchemins craquants fleurant si bon le parfum des siècles passés ; qui a su faire émerger des ces textes – pour d’autres surannés – des filiations oubliées, des personnages vivants et attachants, témoins de leur temps, dont chacun a apporté avec courage et ténacité sa pierre au logis familial.

 

Je te rends ton livre, Pernette, où j’ai ressenti au fil des pages le charme des temps anciens. Fil du temps, fil de l’eau, fil d’Ariane, fil rompu d’une complicité disparue…

 

Poursuis ton œuvre avec obstination, redonne vie à tous ces fantômes, dont l’âme imprègne encore, depuis six siècles, les vieux murs de ta maison. Tu es la dernière, mais non l’ultime, d’une longue lignée, tiens très haut le flambeau qu’ils ont allumé sous Charles le sixième, dit le Bien-Aimé, de peur qu’il ne tombe dans la poussière…

 

         A toi, Pernette…

 

 

   

 

                                                LIVRE

 

 

      Elle a réclamé son grand livre,

      Afin de rompre un dernier lien

      Lui rappelant qu’au temps ancien

      Notre amitié l’aidait à vivre.

 

      Faisons preuve de savoir-vivre,

      Rendons ce qui lui appartient :

      Elle a réclamé son grand livre,

      Afin de rompre un dernier lien.

 

      Dans un tourbillon qui l’enivre

      Elle s’agite, et tout va bien,

      Hormis ce fil qui la retient

      Dont il faut qu’elle se délivre

        

      En me réclamant son grand livre.

 

 

                                            ––––––––––––

 

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P
<br /> Je ne sais pas comment je dois prendre ce poème. Je te trouve très dur avec moi. Si tu préfères garder le livre, garde-le, mais cela veut dire que tu n'as pas tout compris. Tu ne sembles pas<br /> imaginer combien c'est difficile pour moi de surveiller mon discours, afin de ne pas laisser échapper une allusion ou un souvenir qui évoquerait nos années de complicité; combien c'est douloureux<br /> de n'avoir PERSONNE avec qui parler de tout ce passé si riche de tendresse et de poésie. Je n'ose pas en écrire plus, internet me semble désormais une bombe à retardement et un redoutable piège qui<br /> risque de rendre ma vie encore plus difficile<br /> <br /> <br />
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