Souvenirs… (suite)
VENELLES
Où sont-elles, les passeroses,
Au long des murs ensoleillés
De mille couleurs émaillés,
Au coeur des venelles encloses…
Main dans la main, et lèvres closes,
Nous allions seuls, non surveillés ;
Où sont-elles, les passeroses,
Au long des murs ensoleillés…
Mais le temps brise toutes choses;
Pauvres enfants émerveillés,
Nos tendres rêves éveillés
N'ont duré que le temps des roses.
Où sont-elles, les passeroses…?
Théodore
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SABLE ROSE
Nous étions allongés, le nez dans les étoiles,
Au pied de cette tour aux créneaux dentelés,
Tout frissonnants de crainte et de désir mêlés,
Heure exquise où la nuit nous couvrait de ses voiles…
Atlantique indulgent aux amants sans espoir…
La cachette était douce et douce ta caresse ;
Il flottait sur la dune un parfum de tendresse
Et nous crûmes rêver une vie en un soir.
En un beau soir vol‚ au quotidien morose
Tout rempli de méchants qui parlent de Raison…
Il me reste, merci, rentrée à la maison,
En un poignant rondel l'odeur des passeroses.
Ni devoir, ni sagesse à l'infini tracés
N'effaceront les pas que sur le sable rose
Ensemble, un soir d'été, nos ombres ont laissés.
Pernette
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TOURTERELLE
Si je t'aime, ma tourterelle,
Mon coeur est triste cependant
De devoir être si prudent
Craignant qu'un geste ne révèle
Que je t'aime, ma tourterelle...
Car la rumeur nous est cruelle,
Dans l'ombre elle guette en grondant
L'occasion de planter sa dent
Venimeuse, et de briser l'aile
De ma naïve tourterelle...
Maintenant je suis loin d'icelle,
Je m'en vais seul, me morfondant,
Contre tout espoir attendant
Au détour de chaque venelle
De voir passer ma tourterelle...
Théodore
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SAINT VALENTIN
Voici un brin de fantaisie
Trois jours avant Saint Valentin ;
J'ai dû me lever tôt matin
Pour ciseler ma poésie.
Dans la pénombre de la nuit
Qui envahit ma pauvre tête,
Je songe à lui, à mon poète
Et une étoile soudain luit.
A lui qui a la plume sûre,
Hippocrate au verbe léger :
Il cueille rime en son verger
Comme on choisit la pomme mûre.
Où puise-t-il les noms jolis
Qui crépitent comme étincelles
Dans ses rondeaux et villanelles
Aux vers chantants et bien polis ?
D'où jaillit donc cette musique
Qui sonne ainsi que dans la nef ?
De cet orchestre il est le chef
Et sa baguette en est magique…
Un jour il fait naître une muse,
Une fleur ou un céleri,
Si le cours des mots se tarit
Il trouve toujours une écluse.
Alors pourquoi donc à mon tour
Dois-je taquiner Polymnie
Puisque faible est ma symphonie
Et mes vers dépourvus d'atours ?
C'est que j'ai un secret si tendre
Trois jours avant Saint Valentin,
Que jamais ne pourra l'entendre…
Je l'ai écrit tôt ce matin.
Pernette
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CADEAU
Pour mon dernier anniversaire,
Je reçus un cadeau de prix,
Et mon vieux coeur endolori
A ce doux souvenir se serre.
Signe d'un sentiment sincère
Qui timidement a fleuri,
Pour mon dernier anniversaire,
Je reçus un cadeau de prix.
Pour lever enfin le mystère
Devinez ce que l'on m'offrit :
Une rave de céleri
Toute fraîche sortant de terre,
Pour mon dernier anniversaire.
Théodore
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PHARE
Quatre pinceaux couleur de lune
Eclairent la mer tour à tour,
La plage, et au pied de la tour,
Blottis dans un pli de la dune,
Les deux ombres n'en faisant qu'une
Des amants qui ont fui le jour…
Quatre pinceaux couleur de lune
Eclairent la mer tour à tour,
Et leur prunelle bleue ou brune
Où brille l'éclat de l'amour ;
Et seuls témoins de ce détour
Dans la nuit douce et opportune :
Quatre pinceaux couleur de lune...
Pernette
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