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Aiguille

 

            Ami lecteur,

 

 

Voici la seconde méditation sur un pèlerinage, sujet qui nous tient à cœur. Pernette me parle avec un enthousiasme mystique de ces longues marches, dans le sable ou la pousière, où l’âme monte vers le ciel avec l’odeur des pieds… Elle a soumis à mon approbation – qu’elle lui savait déjà tout acquise – le récit de son pèlerinage au Puy en Velay, autrefois étape importante sur le chemin de Compostelle ; me demandant de corriger, à l’occasion, quelque virgule oubliée. Ce que je fis, avec ma conscience coutumière, pour lui être agréable.

 

 

Mais tout d’abord, pour nous mettre en condition spirituelle, arrêtons-nous un instant devant le Rondel à Saint Michel, qui est notre offrande commune au Prince des Elus. Merci, Pernette, de ta complicité…

 

 

 

                                                RONDEL A SAINT MICHEL

 

 

                                                Là-haut, tout en haut de l'aiguille,

Allons prier le Prince des Elus,

Pas après pas, de fatigue perclus,

Sans que jamais notre foi ne vacille.

 

Le vent se lève, et la flèche s'habille

De paillettes de pluie ; oui, résolus,

                                               Là-haut, tout en haut de l'aiguille,

Allons prier le Prince des Elus.

 

Quand nous serons couchés sous la faucille,

Bon Saint Michel, près de Seigneur Jésus,

Parlez pour ceux qui vers vous sont venus,

Avec leur foi comme unique béquille*,

 

                                               Là-haut, tout en haut de l'aiguille.

 

 

                                               _______________

 

 
             (*) variante : Comme une seule et fervente famille,  (mais j’aime bien la béquille… !)




 

Voici maitenant la version originale du récit de ce pèlerinage, suivie du texte enrichi de quelques remarques, minimes et bienveillantes, mais néanmoins indispensables :

   

                                        A L'ASSAUT DU DYKE !

 

23 et 24 Octobre…

 

Les Compagnons de Saint Michel nous ont conviés au Puy en Velay, nous tous pauvres quidams plus ou moins fidèles au Glorieux Archange, perdus dans les infimes tracas de la vie quotidienne, pris dans le tourbillon de nos futiles occupations.

 

- "Ce sont les vacances des enfants..."

- "Il faudra que je prenne ma demi-journée..."

- "En ce moment, je suis dé-bor-dé!"

 

Mais Saint Michel nous attend !

 

- "Le Puy, c'est loin ?"

- "Combien d'heures de voyage ?"

- "Et le climat, en octobre et en Haute-Loire, c'est tout un programme!"

Mais Saint Michel nous attend!

Et justement, ses Compagnons l'auront si minutieusement mitonné, ce fameux programme, qu'une fois là-bas, pas un de nous n'aurait échangé sa place contre le plus allèchant séjour à l'autre bout du globe.

Tout commence vendredi. Par petits groupes, nos pèlerins égrènent leurs départs, les uns en autocar, les autres dans leurs voitures. Qui a voulu nous faire croire que Le Puy était le bout du monde au climat impossible ? Ne cherchez-pas, vous connaissez la réponse...

Il faisait nuit quand nous parvînmes en Auvergne. Nous avons rencontré la neige à Fix-Saint-Geneys : au bord de la route, faisant scintiller talus et fossés, la lune d'automne semait des étoiles!

Mais la neige n'était pas pour nous. Et nous sommes fin prêts, samedi matin, pour démarrer de Chadenac sous un ciel grisonnant mais non larmoyant. Chacun traîne plus ou moins son rhume ou sa bronchite; on échange un kleenex contre une pastille... Le porte-voix - pour se mettre au diapason, sans doute, - siffle, tousse et crachotte, pour finalement s'arrêter, totalement aphone!

Il en faudrait plus pour nous abattre, vaillants pèlerins! Et nous entamons notre marche matinale - 6 kilomètres, une promenade de santé! - qui doit nous conduire à St-Joseph d'Espaly. Deux chapitres dévalent les petites routes du Velay, grimpent, redescendent, serpentent... Les scouts du crû nous accompagnent, assurant le service d'ordre lorsque déboule quelque automobile habituée de ces versants.

Nous marchons vers Saint Joseph ? Nous prierons donc Saint Joseph, et à travers nos chapelets et litanies, c'est la famille, ce sont nos familles que nous confions au "Noble Epoux de Marie". Comme dans tout pèlerinage qui se respecte, les bannières sont en tête, et les oriflammes multicolores se mêlent dans le vent aux chaudes couleurs d'automne. Au bord des sentiers, les feuilles jaunes, brunes ou rouges font des cabrioles. Emerveillés, nous nous arrêtons sur une hauteur, halte choisie, d'où nous apercevons les trois sanctuaires de notre pèlerinage : St‑Joseph, St-Michel d'Aiguilhe, et enfin, Notre-Dame du Puy, tout là-bas, surmontant les toits rouges de la ville.

Le photographe de service prépare sa mise au point : quelle économie de pellicule de pouvoir ainsi, en un seul cliché, saisir et les étapes du pèlerinage et tous ses participants!

En fin de matinée, nous parvenons au faîte du rocher d'Espaly, et y écoutons la conférence de Monsieur Lahaye. Puis, certains estomacs ayant atteint certains talons, nous déballons (après avoir chanté l'Angélus) casse-croûte et pique‑nique.

Mais Saint Joseph ne se contente pas de veiller sur ses enfants : le doigt pointé, sa statue (en ciment armé, s'il vous plaît!) nous montre nettement la direction à suivre : le dyke de St‑Michel. Cela tombe bien, c'est justement là où nous désirions aller! [N.B.: pour les ignares, dont je fais partie, un dyke est un "filon de lave injecté dans une fissure d'un cône volcanique, et qui, dégagé par l'érosion, se dresse en une muraille escarpée." (Cf Le Larousse illustré)]

Eh bien, nous voilà arrivés au pied de ce fameux dyke, et c'est vrai que d'en bas, la vue est impressionnante. Mais nous les gravirons, ces 268 marches taillées dans le roc! Et nous les gravissons avec impatience, même, et si notre chant s'essouffle un peu, qu'importe! Les notes rescapées s'envolent de puys en puys, et il ne manque que quelques gouttes de soleil pour que la carte postale soit parfaite. Modestes pèlerins, nous avons escaladé les premiers, ouvrant la voie, en quelque sorte, à nos Compagnons tout de noir et de rouge capés.

Le chanoine Martin nous accueille alors chaleureusement dans le sanctuaire. A l'écoute de son discours, chacun a senti combien non seulement il vénérait Saint Michel, mais aussi il aimait ce lieu et son histoire... Intense moment d'émotion que cette rencontre entre des pèlerins débarqués pour la première fois à St‑Michel d'Aiguilhe, et les pèlerins du Puy venus se joindre à nous...

Voici l'heure de la Sainte Messe, puis la cérémonie d'oblation. Du côté de la chorale, le faisceau des lampes de poche danse sur les partitions, avant la "photo de famille" des Compagnons sur les marches, à l'entrée du sanctuaire.

Et d'une ruelle à l'autre, chaque pas polissant davantage les pavés centenaires, nous nous retrouvons dans la chapelle du Collège du Puy. Pauvres humains que nous sommes! Ce n'est pas la somptuosité des lieux qui nous frappe dès l'entrée, mais la douce chaleur qui y règne... Tandis que les doigts de pied se décroquevillent peu à peu, nous admirons statues et tableaux du XVIIème siècle, commentés par une paroissienne cultivée.

Après cette page d'Histoire de l'art, notre directeur spirituel nous ouvre son livre de la Vie des Saints à la page de saint François Régis, "l'Apôtre du Vivarais". Avec le zèle que nous lui connaissons, ni une date, ni un lieu, ne nous seront épargnés... et c'est finalement fort savants que nous ressortirons de cette chapelle!

Tout à l'heure, dans le sanctuaire de St‑Michel, et l'obscurité, et les cierges, et les voûtes basses nous invitaient au recueillement. Ici, dorures, ornements et proportions nous portent à l'adoration. Le contraste des lieux est frappant... et fort judicieux sont les organisateurs de ce pèlerinage de nous avoir offert la pénombre de St-Michel pour la célébration de la messe, et les ors des Jésuites pour le Salut du Saint Sacrement.

De retour à Chadenac, le dîner avalé, un diaporama nous est proposé; nous découvrons mille choses sur Le Puy, ses monuments et leur histoire, et même, ô miracle! nous constatons de visu - à moins que la photo n'ait été truquée! - que le ciel y est parfois... bleu!

Nous en rêvons. Mais une pluie fine nous surprend à la descente du car, dimanche matin, alors que nous nous apprêtons à marcher vers Notre‑Dame du Puy. Cette petite eau échappée des nuages sème quelques fantaisies parmi la procession : des parapluies fleurissent entre les bannières, les oriflammes esquissent des entrechats au rythme des Ave. Mais sous le porche de la cathédrale, les rangs se resserrent, et c'est presqu'en bon ordre que nous entrons saluer la Vierge Noire.

La messe est ensuite célèbrée par Monseigneur Brincart, évêque du diocèse. Lui aussi a quelques mots à nous dire au sujet des anges, les bons comme les mauvais...Des méfaits de l'orgueil aux bienfaits de la Grâce, nous puisons dans sa conférence la dernière manne spirituelle de notre pèlerinage.

Le temps de déjeuner au grand Séminaire, et c'est déja le départ. Les maniaques de l'heure et les adeptes de l'exactitude n'ont même pas eu le loisir de faire du mauvais esprit; le programme annonçait: "Retour à Saulx-les-Chartreux prévu vers 23 heures 30." Il est 23 heures 28 à l'horloge du car lorsque celui‑ci arrive au but.

 

Etais-je vraiment si débordée ?

Merci, Glorieux Archange, de m'avoir invitée.

Le Puy-en-Velay, est-ce si loin ?

Merci, Glorieux Archange, de m'avoir attendue.

Les frimas étaient-ils à ce point insoutenables ?

 

Merci, Glorieux Archange, de m'avoir permis de visiter votre résidence des montagnes, avant de retrouver, le printemps revenu, votre résidence des sables… Merci.

 

                                               _______________________

 

 

 

 

 

NOTRE PÈLERINAGE A SAINT-MICHEL D'AIGUILHE

 

ou : Le PÉLÉ EN VELAY

 

 

(par P.D.G., notre sympathique envoyée spéciale, membre éminent du Conseil Paroissial de Sainte-Cunégonde (Orne)

 

23 et 24 Octobre

 

 

                               _______________

 

 

 

Les Compagnons de Saint Michel nous ont conviés au Puy en Velay, nous tous pauvres quidams plus ou moins fidèles (il s'agit là d'un jugement de valeur, peu obligeant pour les autres pélerins…) au glorieux archange (au dernier paragraphe, le même est devenu le "Glorieux Archange" pour marquer peut-être une progression spirituelle et dévote… ), perdus dans les infimes tracas de la vie quotidienne (pas tous, peut-être, l'auteur généralise-t-il inconsidérément son propre cas...), emportés par la bourrasque d'un train-train monotone (la bourrasque du train-train… l'image est forte, quoique paradoxale… !).

 

-         Ce sont les vacances des enfants..."

-         "Il faudra que je prenne ma demi-journée..."

-         "En ce moment, je suis dé-bor-dé !" ("J'ai un cor au pied qui m'élance... c'est fou !")

 

Mais Saint Michel nous attend !

 

-         "Le Puy, c'est loin ?" (les hypocrites ! ils n'ont qu'à consulter une carte Michelin… )

-         "Combien d'heures de voyage ?"

-         "Et le climat, en octobre et en Haute-Loire, c'est tout un programme!" (on voit qu'ils ne connaissent pas le climat toute l'année et dans l'Orne… ! sinon, ils s'en soucieraient comme roupie de sansonnet… )

 

Mais Saint Michel nous attend !

 

Et justement, ses Compagnons l'auront si minutieusement préparé, ce fameux programme (on prépare un voyage, mais on fixe un programme...), qu'une fois là-bas, pas un de nous n'aurait échangé sa place contre le plus allèchant séjour à l'autre bout du globe. (menteuse!) (même pas contre un séjour sur un îlot corallien... couronné de sable blanc, et piqueté de paillottes… ? (…Ah, le soir, quand la brise souffle sur le lagon, balançant les palmes, embaumant la tièdeur de l'air du parfum des hibiscus… !)

 

Tout commence (là, c'est bien dit, ça fait un peu Genèse ou Apocalypse, mais ça sonne bien !) (dans le genre : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu !... cité de mémoire)  vendredi, dans l'après-midi, quand chacun (mais au fait, combien étiez-vous dans cette galère… ? il faudrait quantifier l'importance de cette foule qui s'élançait d'un coeur intrépide vers les Saints Lieux, tels jadis les croisés allant combattre l'Infidèle !) quitte la banlieue plus ou moins (2ème fois!) proche de la capitale (c'est flou… le reporter devrait donner quelques précisions sur les lieux et modalités de rassemblement… avec si possible quelques anecdotes de départ, dans le genre "j'ai perdu mes valises"... ou ma femme, ou mon chien... du vécu, quoi !) . Qui a voulu nous faire croire que Le Puy était le bout du monde au climat impossible ? (mais personne, voyons, ou alors citez des noms, pas d'accusations vagues et diffamantes !) Ne cherchez-pas, vous connaissez la réponse… (non, pas du tout… dites-moi donc).

 

Il faisait nuit quand nous parvînmes (alternance douteuse du présent et du passé simple, qui gêne la compréhension du texte... ) en Auvergne. Nous avons rencontré la neige à Fix-Saint-Geneys (le lecteur précis voudrait savoir où se situe cette bourgade, pour mieux suivre par la pensée le cheminement héroïque de nos pélerins) : au bord de la route, dans les fossés, la lune d'automne semait des étoiles ! (qu'est-ce à dire? que les étoiles se miraient dans l'eau des fossés? ou que le reflet de la lune s'y éparpillait sous le choc des gouttes d'eau… ? Ah, j'ai compris : la lune faisait scintiller les flocons parsemant l'herbe des fossés !)

 

Mais la neige n'était pas pour nous ( admirable!  Cf. 1Rois 9,11 : "un vent violent déchirait les montagnes, mais Yahvé n'était pas dans le vent") . Et nous sommes fin prêts, samedi matin (dès l'aube… ? le lecteur curieux voudrait savoir) (de plus, il n'est fait aucune allusion aux conditions d'arrivée et d'hébergement... les pélerins seraient-ils purs esprits ?), pour démarrer de Chadenac (même réflexion que ci-dessus sur le flou géographique qui enveloppe ce texte obscur... ne pas oublier de joindre une carte !) sous un ciel grisonnant (au sens propre, grisonnant = devenant gris, et non pas étant déjà gris... et toc !)  mais non larmoyant. Chacun traîne plus ou moins (3ème fois !) son rhume ou sa bronchite (il n'y avait donc aucun pélerin en bonne santé… c'est pire qu'à Lourdes !... avait-on prévu les brancards ?) ; on échange un kleenex contre une pastille (le lecteur pointilleux voudra savoir le taux de change... à combien de pastilles cote le kleenex... un pour un, cela paraît peu vraisemblable)… Le porte-voix - pour se mettre au diapason (là, j'en reste sans voix), sans doute - siffle, tousse, crache (crachotte serait plus juste, sinon cela fait un peu glaireux…) pour finalement s'arrêter, totalement aphone !

 

Il en faudrait plus pour nous abattre, vaillants pèlerins ! Et nous entamons notre marche matinale - 6 kilomètres, une promenade de santé ! (de santé, mon oeil! avec un rhume ou une bronchite !) - qui doit nous conduire à St Joseph d'Espaly. Deux chapitres (impropriété voulue, sur le mode plaisant… ? car chapitre = assemblée de chanoines !! ) dévalent les petites routes du Velay, grimpent, redescendent, serpentent (bon passage… très descriptif, j'approuve sans réserve)… Les scouts du crû nous accompagnent, assurant le service d'ordre lorsque déboule (image cynégétique du plus bel effet! ) quelqu'automobile (non, il faut écrire quelque) habituée (à quoi distingue-t-on une automobile habituée d'une autre passant par là par le plus grand des hasards… ?)  de ces versants.

 

Nous marchons vers Saint Joseph? Nous prierons donc Saint Joseph, et à travers nos chapelets et litanies, c'est la famille, ce sont nos familles naturelles et domestiques (naturelles, dans le sens d'enfant "naturel", ou par opposition à surnaturel… ou à artificiel… ? qu'est-ce qu'une famille "naturelle et domestique" ?) que nous confions au "Noble époux de Marie" (un E majuscule serait plus respectueux, que diable !). Comme dans tout pèlerinage qui se respecte, les bannières sont en tête (un peu "anciens combattants", non ?), et les oriflammes multicolores se mêlent dans le vent aux chaudes couleurs (multicolores <-----> couleurs… effet de style ?)  d'automne (il y a déjà une lune d'automne...). Au bord des sentiers, les feuilles jaunes, brunes ou rouges font des cabrioles (l'image est jolie... non, sincèrement !), et nous sommes émerveillés de nous arrêter (ce n'est pas le fait de s'arrêter qui émerveille, voyons... ou alors, s'il s'agit d'un problème de guiboles, on dit : "nous sommes soulagés de…") sur une hauteur, halte choisie, d'où nous apercevons les trois sanctuaires de notre pèlerinage : St‑Joseph, St-Michel d'Aiguilhe, et enfin, Notre-Dame du Puy (si l'on écrit "St" par paresse, alors on écrit "ND"), tout là-bas, surmontant les toits rouges de la ville.

 

Le photographe de service prépare sa mise au point : quelle économie de pellicule de pouvoir ainsi, en un seul cliché, saisir et les étapes du pèlerinage et tous ses participants ! (quel radin, ce mec !) (de plus, s'il n'a fait qu'un seul cliché pendant tout le pélerinage, il n'est vraiment pas à la hauteur... choisissez-en un autre la prochaine fois !) (et combien la vend-il, la photo, ce spéculateur… ?)

 

En fin de matinée, nous parvenons au faîte du rocher d'Espaly, et y écoutons la conférence de Monsieur Lahaye. Puis, certains estomacs ayant atteint ("ayant chu" serait mieux, si si !) certains talons (notez que lorsque l'on porte des hauts talons, les estomacs choient plus vite, ayant moins de distance à parcourir) (mais, heureusement, on ne pélerine guère en hauts talons... c'est moins sexy, mais plus pratique), nous déballons (après avoir chanté l'Angélus) (mais c'est pas l'heure !) casse-croûte et pique‑nique (redondance ?) (à moins que certains aient amené un simple casse-croûte, d'autres un pique-nique complet… !) (et dans ce cas, est-ce qu'ils partagent, les goinfres !).

 

Mais Saint Joseph ne se contente pas de veiller sur ses enfants : le doigt pointé, sa statue (en ciment armé, s'il vous plaît !) (cette petite note prosaïque est-elle voulue ?) nous montre nettement la direction à suivre : le dyke de St‑Michel. Cela tombe bien, c'est justement là où nous désirions aller ! [N.B. : pour les ignares, dont je fais partie, un dyke est un "filon de lave injecté dans une fissure d'un cône volcanique, et qui, dégagé par l'érosion, se dresse en une muraille escarpée." (Cf Le Larousse illustré)] (ne lassons pas le lecteur averti, il le sait déjà !)

 

Eh bien, nous voilà arrivés au pied de ce fameux dyke, et c'est vrai que d'en bas, la vision (impropre... la vue, le spectacle, mais pas la vision… !) est quelque peu (le "quelque peu" affadit le caractère grandiose de ce spectacle) impressionnante. Mais nous les gravirons, les 268 marches (on pourrait penser que si notre reporter a passé son temps d'escalade à compter les marches, il aurait mieux fait de prier , afin de s'élever l'âme avec le corps au lieu d'essayer de battre un record !) taillées dans le roc, nous les gravissons (concordance des temps… !) avec impatience même, et si notre chant s'essouffle un peu, qu'importe! Les notes rescapées s'envolent de puys en puys (comme le papillon de fleur en fleur...), et il ne manque qu'un léger filet (ça se dit ?... un rai, peutêtre ?) (on dit un filet d'eau ou un filet de poisson, mais de soleil, point… !) de soleil pour que la carte postale soit parfaite. Modestes (c'est pas vrai, c'était pour arriver les premiers !) pèlerins, nous avons escaladé les premiers, ouvrant la voie, en quelque sorte, à nos Compagnons tout de noir et de rouge capés.

 

Le chanoine Martin nous accueille alors chaleureusement (ça devait faire grand bien, par un froid pareil...) dans le sanctuaire. A l'écoute de son discours, chacun a senti combien non seulement il (grammaticalement, "il" se rapporte à "chacun", ce qui donne un sens curieux à la phrase) vénérait saint Michel, mais aussi il aimait ce lieu et son histoire... Intense moment d'émotion que cette rencontre entre des pèlerins débarqués pour la première fois à St‑Michel d'Aiguilhe, et les pèlerins du Puy venus se joindre à nous… (qui sont ceux-là ? personne ne nous en avait parlé…) (on nous cache tout, encore une fois !)

 

Voici l'heure de la très sainte messe ( même remarque que pour le Noble Epoux !) , puis la cérémonie d'oblation (expliquez le mot, pour les ilotes). Du côté de la chorale, le faisceau des lampes de poche danse sur les partitions (pourquoi, il fait nuit ?), avant la "photo de famille" des Compagnons sur les marches, à l'entrée du sanctuaire (je retire ce que j'ai dit tout à l'heure, le radin a fait au moins deux photos !).

 

Et d'une ruelle à l'autre, chaque pas polissant davantage les pavés centenaires (difficile à voir à l'oeil nu, quand même !), nous nous retrouvons dans la chapelle du Collège du Puy. Pauvres humains que nous sommes ! Ce n'est pas la somptuosité des lieux qui nous frappe dès l'entrée, mais la douce chaleur qui y règne… Tandis que les doigts de pied se "décroquevillent" (ce serait plus joli sans guillemets) peu à peu, nous admirons statues et tableaux du XVIIème siècle, commentés (êtes-vous sûre que l'on peut commenter une statue ou un tableau… ?) par une paroissienne cultivée (qui passait là par hasard, ayant "déboulé sous vos pieds, ou vous guettait-elle dans la pénombre ?).

 

Après cette page d'Histoire (un H majuscule à Histoire, mais pas à Sainte Messe !!!) de l'art, notre directeur spirituel nous ouvre son livre de la Vie des Saints à la page de saint François Régis, "l'Apôtre du Vivarais". Avec le zèle que nous lui connaissons (en clair, celà veut dire que c'est un raseur, non ?), ni une date, ni un lieu, ne nous seront épargnés… et c'est finalement fort savants que nous ressortirons de cette chapelle ! (je vais te croire, tiens! répète un peu ce qu'il a dit)

 

Tout à l'heure, dans le sanctuaire de St-Michel, et l'obscurité, et les cierges, et les voûtes basses nous invitaient au recueillement. Ici, dorures, ornements et dimensions (le mot est un peu plat) nous portent à l'adoration. Le contraste des lieux est frappant… et fort judicieux sont les organisateurs (un petit coup d'encensoir au passage ne nuit jamais !) de ce pèlerinage de nous avoir offert la pénombre de St‑Michel pour la célébration de la messe, et les ors des jésuites (première allusion aux Jésuites… ! le lecteur étonné voudrait en savoir plus sur les liens mystérieux entre Saint Michel et la Compagnie de Jésus…) pour le Salut du Saint Sacrement (mise en condition subtile… ou symphonie spirituelle… ?).

 

De retour à Chadenac, le dîner avalé (le mot suggère un acte rapide et sans intérêt… après tant de fatigues et d'exhaltations, un réconfortant repas ne pouvait être qu'apprécié, et longuement savouré, car l'homme ne vit pas seulement de la parole de Dieu…)  un diaporama nous est proposé ; nous découvrons mille choses sur Le Puy, ses monuments et leur histoire, et même, ô miracle ! nous constatons de visu - à moins que la photo n'ait été truquée ! (évidemment que oui, il suffit de connaître la duplicité des hommes d'Eglise…) - que le ciel y est parfois… bleu !

 

Nous en rêvons. Mais une pluie fine nous surprend à la descente du car, dimanche matin (et la nuit, alors, on n'en parle pas, une fois de plus… où, comment, et avec qui avez-vous dormi… ?), alors que nous nous apprêtons à marcher vers Notre‑Dame du Puy. Cette petite eau (charmant… mais cela évoque irrésistiblement un petit pipi !) échappée des nuages sème quelques fantaisies parmi la procession : des parapluies fleurissent entre les bannières, les oriflammes esquissent des entrechats (on ne voit pas bien le rapport entre la pluie et les entrechats…) au rythme des Avé (pitié, pas d'accent aigu à Ave !). Mais sous le porche de la cathédrale, les rangs se resserrent, et c'est presqu'en bon ordre que nous entrons saluer la Vierge Noire et la gigantesque fresque de Saint Michel (on peut saluer une Vierge, d'accord, mais pas une fresque, même gigantesque !).

 

La messe est ensuite célèbrée par Monseigneur Brincart, évêque du diocèse. Lui aussi a quelques mots à nous dire au sujet des anges, les bons comme les mauvais (il faudrait développer, le lecteur pieux est avide de s'enrichir l'âme et l'esprit, et le sujet s'y prête à merveille)… Des méfaits de l'orgueil aux bienfaits de la Grâce, nous puisons dans sa conférence la dernière nourriture (on ne puise pas une nourriture… de l'eau, peut-être) spirituelle de notre pèlerinage.

 

Le temps de déjeuner au grand Séminaire (si Séminaire mérite une majuscule, grand aussi), et c'est déja le départ. Les maniaques de l'heure et les adeptes de l'exactitude n'ont même pas eu le loisir de faire du mauvais esprit (mais peut-on faire du mauvais esprit au retour d'un tel pèlerinage… la pensée même en est choquante) ; le programme annonçait : "Retour à Saulx‑les‑Chartreux prévu vers 23 heures trente (si l'on met 23 en chiffres, trente doit l'être également)." Il est 23 heures 28 à l'horloge du car (un vrai beffroi, ce car, il a même une horloge !) lorsque celui‑ci stoppe le long (?) du cimetière.

 

Etais-je vraiment si débordée ?

 

Merci, Glorieux Archange, de m'avoir invitée.

 

Le Puy-en-Velay, est-ce si loin ?

 

Merci, Glorieux Archange, de m'avoir attendue. Les frimas étaient-ils à ce point insoutenables ? (Merci, Glorieux Archange, pour mon petit Damart.)

 

Merci, Glorieux Archange, de m'avoir permis de visiter votre résidence des montagnes, avant de retrouver, le printemps revenu, votre résidence (ça fait un peu "résidence secondaire" !) de la Manche… Merci.

 

 

 

                                   __________________

 

 

(NB : Votre texte était ab-so-lu-ment parfait, je n'y ai rien trouvé à redire ; et connaissant mon esprit critique, vous mesurerez toute la valeur de cette appréciation sincère !) Et vive le pélé !!!!!


 
Et merci à Pernette ! 

 

 

 

 

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L
Comment me sera-t-il possible de repartir un jour en pélerinage, après ces lignes si drôles et pleines de bon sens ? En tout cas, si je dois repartir, j'emporte IM-PE-RA-TI-VE-MENT dans mon bagage ce texte incomparable! Rien que pour la littérature qu'il a suscitée, ce pélerinage méritait d'être vécu... Quel dommage que Théodore ne pratique pas le pélerinage !
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